Une fois le tronçon de route " M58 " complété, le transsibérien perdra son monopole en ce qui concerne la liaison de l'est de la Russie au reste du pays. L'emploi de superlatifs n'est pas superflu dans ce cas : la route transsibérienne, s'étendant de Moscou à la côte pacifique, mesure 10 000 kilomètres. Une installation d'Ammann fournit l'enrobé nécessaire à sa réalisation.
La décision de raccorder les régions pacifiques de la Russie au réseau routier du cœur du pays fut prise dès 1966, sous la direction de Léonid Brejnev. Le tronçon M58, d'une longueur d'au moins 2000 kilomètres, s'étendant de Tchita à Khabarovsk posa les défis les plus sérieux. Des différences de température annuelles pouvant atteindre 100 °C et la construction de 200 ponts dans une région totalement inexploitée laissaient entrevoir l'importance des exigences. Bien qu'ayant été inaugurée de façon formelle en 2004, il ne restait pas moins un trou béant sur la M58.
Au kilomètre 6906, le Transsib s'arrête dans la gare de Mogotcha, une petite ville de 12 000 habitants. Le tracé de la M58 passe à 70 kilomètres au sud de cette dernière. Ce chantier avalera des millions de tonnes d'enrobé au cours des deux prochaines années. Un enrobé qui sera lui aussi produit par un nouveau JustBlack d'Ammann, monté au cours de l'été dernier.
Les conditions de montage étaient un peu particulières, même pour les monteurs endurcis et expérimentés d'Ammann et l'équipe de soutien. Pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de communication mobile. En dépit de ces fâcheuses circonstances, il fut possible de produire de l'enrobé quatre semaines après l'arrivée des premiers composants de l'installation. Les sept millions d'habitants du lointain Est Russe devront encore attendre jusqu'à 2011. Ils pourront alors traverser leur patrie sur une bande d'enrobé.

















